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Rav F. Teboul

Rav F. Teboul

Je félicité mon ami Samy Edery pour la parution de son nouveau magazine et vous souhaite de bonnes fêtes, la santé, le bonheur, élévation dans la Torah et la paix en Israël.

Nous allons nous interroger aujourd’hui sur la question de savoir est-ce que notre monde ne serait pas une illusion ? (Surtout en ce début d’année hébraïque).

Dans le Talmud de Roch Hachana, il est dit : « A Roch Hachana, le livre des vivants et le livre des morts sont ouverts devant toi » (Hachem).

Le Rav Dessler souligne que de même le « livre des vivants » se rapporte à des personnes actuellement vivantes, de même « le livre des morts », fait-il allusion à des êtres qui, au moment présent, sont pratiquement morts.

En effet, alors que certains donnent un sens à leur vie et la mettent à profit de façon authentique, le Rav Miller précise que la vie des autres passée toute entière à courir après les chimères, n’est qu’une illusion sans rapport avec la réalité. Ces personnes n’ont pour ainsi dire aucune vie.

Elles sont mortes car être mort c’est être détaché de la réalité vécue et se cantonner dans le fantasme. La faiblesse de l’homme le pousse à vivre dans l’imaginaire et à oublier que ce ne sont que des mirages. Cette vie pleine d’illusions n’a pas d’âge : les enfants ont leurs jeux et pendant de longues heures peuvent se distraire avec une boîte en carton qui devient pour eux un bateau d’où ils sont les vaillants capitaines. Tant qu’il joue, ce jeu devient une réalité pour l’enfant : à ses yeux cette boîte en carton est un véritable navire à tel point que, selon Rav Israel Salanter, ravir sa boîte à l’enfant est un crime comparable à couler le navire d’un adulte ou incendier son entreprise. La perte dans les deux cas est similaire car pour l’enfant ces jeux ne représentent pas une simple illusion : ils sont aussi réels que la vie elle-même.

Cette description ne s’applique cependant uniquement qu’aux enfants. Les grandes personnes s’imaginent qu’elles ont abandonné ces divertissements depuis longtemps déjà. En réalité, beaucoup d’adulte vivent eux aussi dans un monde d’illusion. Les hommes aiment les honneurs, et parfois sont aussi souvent heureux qu’un enfant recevant un joujou flambant neuf quand on leur témoigne. Ils ont soif de marque de respect même lorsqu’elles ne sont pas méritées et s’affligent à l’extrême s’ils ne reçoivent pas l’importance qui selon eux leur est due.

Il en va de même pour tous les désirés matériels, la richesse par exemple : on désire être riche car on s’imagine que cela rendra plus heureux. Il suffit cependant de jeter un coup d’œil sur n’importe quel journal pour contester que les gens riches ont autant de soucis – sinon plus – que les autres.

C’est ce que disent les sages : « augmenter sa fortune c’est augmenter ses soucis ». Souvent la richesse elle-même entraîne les soucis qu’elle était censée éviter et ce qui devrait assurer le bonheur ne cause que du tracas. Il n’est pas rare de voir des gens enfin délivrés de la pauvreté se retrouver en proie à des inquiétudes bien plus pénibles car plus on a de biens plus on a des soucis.

Ceci doit nous faire prendre conscience que le monde matériel n’est ni réalité ni consistance. Il ne représente pas le moyen de nous préparer à la vie du monde futur. Quand arrivera le jour de la révélation, toute la vie de ce monde-ci, ses joies et ses malheurs, la réussite matérielle aussi bien que l’échec, passeront comme un rêve dont nous nous éveillerons soudain comme il est dit « quand D.ieu ramènera les captifs de Tsion, nous étions comme des gens qui rêvent ». Le verset ne dit pas « nous serons comme des gens qui rêvent mais « nous étions » : quand nous réaliserons la vanité de ce monde et de ces chimères, toute notre existence passée nous apparaîtra comme un rêve. C’est pourquoi tous les avantages matériels que nous désirons ici-bas doivent tendre vers un seul but : être exploités pour remplir notre rôle sur terre.

J’espère que cette réflexion vous accompagnera tout au long de l’année pour qu’on puisse progresser et avancer dans le chemin de la Tora.

Chana Tova Oumétouka !

 

Franck Teboul
Rabbin régional