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Rav F. Teboul

Rav F. Teboul

Je tiens de nouveau à féliciter mon ami Samy Edery pour la nouvelle parution de Shalom Pratique.

En ce début d’année hébraïque, chacun doit se remettre en cause concernant ses activités et sa manière d’être. Il est très important de passer par une introspection pour pouvoir avancer et évoluer (par exemple, rajouter quelque chose qu’on ne faisait pas avant).

Une célèbre michna (Berahot 9,5) enseigne : « chacun a l’obligation de bénir Dieu pour ses malheurs, de la même manière qu’il le fait pour ses bonheurs ».

Le Talmud (Berahot 60/B) s’interroge à ce sujet : que signifie bénir Dieu pour les malheurs ?

Le Talmud répond qu’il n’est pas question dans cet enseignement du choix des mots à prononcer (pour un décès : « Barouh Dayan Haemet » par exemple) mais de la manière de les formuler : on doit éprouver le même ravissement à bénir Dieu quand un malheur nous frappe que lorsqu’on lui rend grâce pour un heureux événement.

Le Rav Bendenoun explique que selon Maïmonide, de nombreux événements qui nous paraissent avantageux, ont un dénouement généralement désastreux !

C’est la raison pour laquelle tout être doté de sagesse s’abstiendra de se lamenter lorsqu’un malheur s’abat sur lui car il ignore qu’elle en sera l’issue.

Nos sages prescrivent qu’en prononçant  la bénédiction « juge de vérité » (en cas de malheur), nous devons éprouver la même joie qu’au moment où l’on est informé d’un heureux événement. En effet, rien ne justifie de se laisser envahir par la consternation, dans la mesure où personne ne sait comment les choses vont se développer. « On les acceptera avec joie, sérénité, en surmontant ses colères et en apaisant ses émotions » (Rambam).

Le Rambam souligne que l’on doit également apprendre à discipliner ses émotions dans le cas d’événements heureux. Pour cette raison, nos sages interdisent de manifester une joie excessive et de s’adonner à des élans de rire, même dans des circonstances joyeuses, car nul ne sait ce que ces événements feront naître…

En bref, que l’on vive un bonheur ou un malheur, un seul et unique sentiment sera admis : la certitude que tout vient de sa décision (Émouna) aussi bien s’il nous fait « vivre jusqu’au moment présent » que s’il est « juge de vérité ».

On se convaincra que tout ce qui nous arrive dans ce monde, que ce soit bien ou mal, est en réalité un moyen de nous permettre d’atteindre l’authentique réussite qui n’est autre que la connaissance de Dieu.

Que Hachem nous aide à comprendre et à progresser dans les chemins de la Torah, amen !

 

Franck Teboul
Rabbin régional