Close

M. Niddam

Intervenir dans le Shalom Pratique constitue une joie pour le Président du Consistoire de Nice car ce media figure désormais de manière intégrée et durable parmi les vecteurs de communication qui nous sont chers, qu’ils couvrent le domaine de l’audio-visuel ou de l’écrit. Il importe en effet, dans un environnement à l’intérieur duquel prévaut l’instantanéité de la provenance des informations et des réactions qui y sont afférentes, que la rapidité dématérialisée soit compensée par le support du papier afin de favoriser une réflexion salubre.

Car nous voici, avec ce dix-huitième numéro du Shalom Pratique, et selon un usage auquel nous ont désormais habitué nos amis Sandy et Samy Edery, à ce moment essentiel du Judaïsme, le mois de Tichri, où l’être humain s’interroge, en pleine conscience, sur la temporalité et la fragilité, le regret et le renouveau. Chacun de ces quatre éléments est essentiel et leur caractère apparemment contradictoire en assure en réalité une cohérence qui fait la richesse de la vie juive.

La temporalité signifie le retour régulier des solennités et des fêtes qui rythment nos existences, et il nous faut rester émerveillés par le retour de ces cycles dans lesquels nous évoluons et qui font advenir les fêtes. Car ce sont bien les retours au sein de la durée qui s’imposent :

– pour Roch Hachana, le Nouvel An de l’humanité,

– dans le cadre de Yom Kippour, ce merveilleux moment où le Pardon est si présent qu’il en devient palpable, dans l’effacement du jeûne et l’intensité de la prière,

– et lors des huit jours de Soukkhot, couvrant Hochana Rabba et Simha Torah, instants où la joie trouve un canal maîtrisé pour se conjuguer à la conscience de la précarité humaine.

Celle-ci est symbolisée par les Soukkhot, les cabanes que nous bâtissons ou structurons avec soin, parce qu’elles sont aussi une part de la représentation de nous-mêmes. Le toit ajouré nous permet de regarder les étoiles, de prendre conscience de l’immensité du ciel et de la Puissance, sans équivalent envisageable, de notre Créateur qui a façonné l’univers par Dix Paroles. Les feuilles de palme qui filtrent une part de la lumière de midi protègent partiellement de la chaleur ou de la pluie et nous imposent le nécessaire rappel de notre fragilité et l’impératif de solidarité qui doit nous animer à l’égard de nos proches et de l’Autre, dans la noblesse de son altérité.

Regretter porte témoignage de la conscience de nos faiblesses et de nos forces, de notre faillibilité, de nos défauts, mais aussi de notre perfectibilité. Dans la langue française, le verbe a pour origine la douleur liée aux occasions où nous avons manqué d’agir comme nous l’aurions voulu a posteriori. Cet examen, réalisé en toute vérité et largement préparé au cours du mois d’Elloul qui précède celui des fêtes, peut être résumé en une assonance, une proximité entre deux langues : Tichri sans tricherie.

Le renouveau est celui de l’élan des résolutions, du dynamisme des projets, de la conviction liée aux résolutions. Clore une période, en ouvrir une autre qui sera meilleure, construire avec soin un avenir pétri d’humanité et de réussites, qu’elles soient grandes ou petites, collectives ou individuelles, est possible dès lors que le Maître de l’Univers nous inscrit dans le Livre de la Vie, ce que je vous souhaite à tous, ainsi qu’à vos proches et à celles et ceux qui vous sont chers. Que la réussite soit associée à vos et leurs actions vertueuses, ainsi qu’à celles de la France, et que la Paix véritable et définitive s’installe en Israël et dans le monde à partir de 5778.

CHANA TOVA OUMETOUKA, GMAR HATIMA TOVA !

 

Maurice Niddam
Président du Consistoire de Nice

Leave a Comment

admin
23 juin 2015 chez 5 h 51 min

Test Comments

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *