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M. Niddam

Ce dix-neuvième numéro du Shalom Pratique, au sein duquel j’ai le plaisir d’intervenir, montre le chemin parcouru par une publication qui veille constamment à se renouveler et à élargir sa diffusion auprès d’une audience toujours plus large. Découvrant le sommaire, je mesure combien la variété des sujets abordés permet aux lectrices et aux lecteurs d’y trouver ce qui correspond à leurs centres d’intérêts.

En effet, les informations relatives aux solennités juives, en particulier à la fête des Dix Commandements, permettent une approche du Don de la Thora, qui est le couronnement de l’ensemble du processus de la sortie d’Égypte, commencé sept semaines plus tôt. Au printemps de l’année dernière, le Shalom Pratique avait précisément décrit cette progression à partir de la fête de Pessa’h. La concordance des thèmes est donc très opportune et réussie.

C’est ce respect de la logique des articles ainsi proposés qui témoigne de la cohérence d’un magazine sur le long terme. Elle permet à des publics allant au-delà de l’appartenance à la communauté juive azuréenne et régionale de partager des informations argumentées et vérifiées. À ce titre, le mot communauté est beau dès lors qu’il constitue aussi une ouverture vers l’autre, en une démarche de tolérance, de générosité et parfois de transmission.

C’est pourquoi face à un antisémitisme qui montre de manière croissante sa face hideuse et meurtrière, la communauté juive doit être fière de sa solidité interne et de son appartenance résolue à la République. Nous acceptons pleinement et revendiquons les valeurs de Liberté, d’Égalité et de Fraternité qui forment la devise de la nation française et structurent son fonctionnement institutionnel.

Cette fidélité est fortement ressentie par la population de notre pays. C’est la raison pour laquelle le meurtre de madame Mireille Knoll, de mémoire bénie, un an avant celui de Sarah Halimi, de mémoire bénie, ont à ce point heurté la France et le monde. Ils ont été précédés par neuf assassinats ouvertement antisémites depuis douze années. Mais l’identification de nos compatriotes aux souffrances inouïes de ces deux dames âgées et respectables est très forte.

Car Mireille Knoll et Sarah Halimi, que leur souvenir soit une bénédiction, étaient sans défense dans leur vie quotidienne autant qu’au moment du crime antisémite qui les a frappées. Comme c’est le cas pour tout acte de terrorisme, pour tout acte antisémite, le ou les assassins sont toujours armés lorsqu’ils frappent des victimes désarmées, et agissent dans la lâcheté la plus totale ainsi que la déraison la plus délibérément mise en œuvre.

Ce sont les mêmes circonstances qui ont prévalu dans l’odieux assassinat de l’héroïque colonel de Gendarmerie Arnaud Beltrame : lui aussi était désarmé face à un tueur armé, et son existence, faite de dévouement et de sens du devoir, lui a été volée par un criminel ayant agi dans l’aveuglement et la soif de la mort. La victime s’est volontairement substituée à une mère de famille : la noblesse de ce geste n’efface pas la bassesse du meurtre, mais elle le dépasse.

La plus belle communauté est celle qui unit les femmes et les hommes de raison, soucieux de construire un pays, un monde où la Liberté, l’Égalité et la Fraternité constituent des valeurs concrètement appliquées au quotidien. En cela, il est du devoir de chacun de faire progresser la paix par la transmission et l’échange du savoir et des valeurs, dans un lien puissant qui est celui de l’amour de la Vie.

 

Maurice Niddam
Président du Consistoire de Nice

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admin
23 juin 2015 chez 5 h 51 min

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